Responsabilité et opinion
C’est l’article aur la responsabilité sociale du Voyou du bayou qui m’a donné l’idée de ce sujet.
D’abord, je ne crois pas que le blogueur, en général, ait une responsabilité sociale. Pour qu’il y ait responsabilité sociale, il faudrait qu’il y ait un effet social. Il faudrait que les écrits du blogueur, son intervention ou sa non-intervention, aient des conséquences réelles ou subjectives sur un groupe de personnes comme les adolescents, les blogueurs, les fonctionnaires ou l’ensemble de ses lecteurs. Je ne pense pas qu’un blogueur ait une interaction avec un groupe d’individus par conséquent, son impact ne peut être social ou environnemental.
De plus, à ce que je sache, le blogueur n’est pas lié par un contrat avec son lectorat. Donc, il ne pourrait pas être responsable d’un manquement à un devoir imposé par un contrat puisqu’il n’y a pas de responsabilité contractuelle. Par exemple, il est libre de la fréquence de ses écrits et du choix des sujets abordés.
Cependant, je pense que le blogueur, comme toute personne, a une responsabilité civile. C’est-à-dire que chacun a l’obligation de ne pas nuire aux autres. Pour ce faire, tout le monde doit respecter certaines normes de conduite sociale. Lorsqu’une personne douée de raison manque à ce devoir et nuit à autrui, elle peut en être tenue responsable des préjudices causés. Une bonne façon de savoir si nous respectons les règles de conduite sociale est de se demander la chose suivante : «Si tout le monde (chacun) agissait (ou disait les choses) comme moi, est-ce que le monde (la planète) s’en porterait mieux?» (cette question est une peu simpliste, j’en conviens mais elle est démontre bien le propos, non?).
Ainsi, à travers ses propos, le blogueur ne doit pas causer directement des dommages auprès d’un ou quelques individus. Je ne vois pas comment un blogueur pourrait occasionner des dommages physiques à quelqu’un. Il pourrait peut-être causer des dommages matériels. Par exemple, suite à la propagation d’une rumeur par un blogueur, une personne pourrait perdre un contrat lucratif. En fait, un blogueur pourrait surtout susciter des dommages moraux et provoquer des séquelles psychologiques tels que la dépression, un changement de personnalité ou des souffrances morales. Dans un tel cas, ce serait la victime qui devrait prouver que les dommages subits sont directement liés aux propos du blogueur. Ce qui signifie, par exemple, que la victime devrait prouver qu’elle n’était pas dépressive avant la publication des propos tenus par le blogueur.
Personnellement, je considère les blogues comme du divertissement. J’aime lire ce que les gens ont à dire sur ce qu’ils vivent. J’aime noter comment les gens s’adaptent à des situations particulières ou à des événements significatifs. J’aime la possibilité de donner ou de lire des opinions différentes sur des sujets variés.
La plupart du temps, le blogueur fait des victimes lorsqu’il émet une opinion. Parce que, souvent, l’opinion est un jugement, que l’on croit être vrai, énoncé sur la base d’idées préconçues provenant des milieux socioculturels auxquels on appartient par l’entremise des médias, des parents et des institutions religieuses, politiques et éducationnelles. D’ailleurs, pourquoi douter des idées reçues lorsqu’elles semblent bien-fondées? La réalité est que ces idées sont habituellement légitimes car elles permettent l’adaptation à un environnement précis. Ce qui implique toutefois qu’elles peuvent ne pas être valables dans le cadre d’un autre environnement différent. D’autres fois, l’opinion est personnelle, tirée de l’expérience vécue, liée à des faits. Or, le fait est l’expérience unique, d’un individu distinct, dans des circonstances particulières. Donc, l’opinion personnelle n’est pas universelle. Autrement dit, l’opinion qui est déduite à partir de faits singuliers ne peut être unanime (et par conséquent, suscite le débat).
Donner son opinion peut également vouloir dire prendre position sur un sujet quelconque, ce qui est, à mon avis, plutôt rare sur les blogues. Prendre position, c’est occuper une place, un point (de vue) par rapport à une autre point (de vue). C’est intervenir dans une relation. La prise de position nécessite une réflexion qui ne signifie pas seulement d’adhérer à une ligne de pensées mais est aussi liée à un engagement (par exemple, la prise de position politique). Sauf que lorsque l’on prend position, on la prend contre quelqu’un qui occupait déjà la place (alors encore une fois, on suscite le débat).
Afin de ne pas blesser personne par nos propos, il me semble évident de ne pas nommer quelqu’un ou de ne pas le décrire d’une façon telle où il pourrait être reconnu. Évidemment, si l’on peut critiquer des idées, il est plus risqué de juger de la personne, elle-même. Juger, c’est habituellement attribuer une valeur. Ce jugement est correspond rarement à la réalité. Il est plutôt basé sur des perceptions, des sensations ou sur une partie de la réalité. Donc, le jugement est subjectif. Pour être objectif, il faudrait que le jugement soit fondé sur une étude rationnelle de tous les éléments constitutifs de la personne, de l’action ou de l’idée jugée. Honnêtement, qui peut admettre effectuer une telle analyse avant d’émettre une opinion?
Lorsque l’on juge, d’une action ou d’une idée, on le fait selon nos propres références, nos propres schèmes, notre propre vision du monde et selon notre rapport avec ce monde. Alors comment pourrait-on juger si l’interprétation que fait une autre personne qui a des références différentes, des schèmes différents, une vision du monde différente et un rapport avec ce monde différent est bonne ou mauvaise?
L’idée, ici, est plutôt d’utiliser la divergence d’opinion pour se remettre en question et pour défaire ses préjugés plutôt que pour avoir raison.
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