Peut-on être juge et manquer de jugement? Sinon, est-ce que ce serait les journalistes qui ne rapportent pas assez d’éléments afin que l’on puisse déterminer s’il y a eu justice dans cette affaire?
Parce qu’il n’y a pas eu de procès, on ne peut connaître les détails de la situation. Ainsi, on ignore de quels types d’abus sexuels il est question : attouchements, violence, viol, agression… L’agresseur, ERIC TILLMAN, s’est reconnu coupable d’agression pour éviter à la victime de comparaître (comprendre qu’il ne voulait pas que les détails de l’affaire soient rendus publics). Oh, comme j’ai pris soin de mettre son nom en évidence, à côté du mot agresseur car, dans cette affaire, il est un agresseur. Selon moi, quand le système ne rend pas justice, quand un agresseur ne reçoit pas de peine, de punition ou de sentence à purger, l’étiquette mérite d’être porté, non? (Doit-on en venir là? Les victimes devront-elles se faire justice quand le système ne le fait pas?) Soyez certains, si je me retrouvais dans une telle situation, je raconterais mon histoire et je nommerais mon agresseur et le juge. Je crois que ça ferait partie de mon processus thérapeutique.
Le juge offre l’absolution pour qu’un agresseur puisse continuer de travailler au Canada. Personnellement, en tant que Canadienne, je trouve que le juge vient de rater une chance de se débarasser d’un agresseur. Est-ce que l’on a pensé à la victime dans ce jugement? Est-ce que l’on a pensé aux autres victimes potentielles dans ce jugement? Est-ce que l’on a pensé à la justice dans ce jugement?
L’agresseur, ERIC TILLMAN, était sous l’influence d’un médicament prend-t-on la peine de spécifier. J’aimerais bien savoir de quel médicament il s’agit. J’espère que ce médicament n’est pas en vente libre, qu’il nécessite une ordonnance et que les personnes qui le reçoivent sont constamment surveillées. J’aimerais connaître ce médicament afin d’éviter d’en prendre, d’en donner à mes enfants et de prévenir mon père, mon frère, mes amis. Est-ce que ce médicament, qui fait perdre tout contrôle de ses actes et toute responsabilité de son jugement, affecte également les femmes? Y a-t-il beaucoup de médicaments qui ont les mêmes effets?
Je suis très inquiète… plus que ça, j’angoisse! J’ai l’impression que mon intégrité physique est en danger. Je devrais peut-être demander la liste des médicaments de mes conjoints, amis et collègues afin d’assurer ma sécurité. Je devrais aussi vérifier si mon employeur et l’université ont prévu des mesures afin de minimiser les risques que pourrait représenter un collègue sous l’influence de tels médicaments.
Je suis en colère. Vraiment, je ne comprends pas. L’agresseur, ERIC TILLMAN n’est responsable de rien? Qu’est-ce qui justifie cet absolution? Sérieusement, la plupart des agresseurs sont des travailleurs qui paient leurs factures, qui font des blagues lors d’un souper entre amis, qui font des dons à des causes nobles, qui aident parfois leurs prochains… du ben bon monde… La plupart des criminels sont comme ça. Mom Boucher était comme ça aussi, un ben bon Jack. C’est une ex-femme de Hells qui me l’a affirmé.
L’agresseur, ERIC TILLMAN n’est responsable de rien? Vraiment?
Je me demande qui décide et comment on décide qui est responsable de ses actes. J’imagine que sa mère ne l’a pas élevé convenablement afin de discerner les comportements sexuels adéquats et inadéquats. Je suppose que si ses soeurs ou les filles de sa classe n’avaient pas si bien performées, un homme ne se sentirait pas humilié et ne chercherait pas à humilier une jeune fille. Si sa première petite amie ne s’était pas moquée de son inexpérience, un homme ne resentirait pas le besoin de se venger. Si sa femme s’était montrée prévenante et affectueuse dans le lit conjugal, un homme n’aurait pas agit de façon inconvenante envers une mineure. Si cette jeune fille n’avait pas été si bien développée aussi, un homme n’aurait pas commit ces agressions.
Au moins, je sais que mon père n’aime pas cette image que l’on renvoit de l’homme… de la pauvre bête incontrôlable, implulsive et irresponsable. Une fois, je lisais un article qui rapportait une autre cause judiciaire. Une vedette rock était accusée d’agression sexuelle sur une groupie. Cette dernière, vêtue très sexy, avait suivi la vedette jusqu’à sa chambre d’hôtel. Pour sa défense, la vedette croyait que le fait que la fille était nue dans son lit était un consentement pour des relations sexuelles. Dans l’article, on spécifiait que tous deux avaient consommé drogues et alcool. Puisque tout dans cette article décrivait la situation d’une telle façon à rendre coupable la fille, j’en avais déduis qu’elle avait effectivement cherché le trouble. Bref, si je m’habille convenablement (mais c’est quoi convenable?), si je ne vais pas dans une chambre d’hôtel avec un étranger, que je ne me déshabille pas et que je ne vais pas sous les couvertures avec un homme, que je ne prends pas de drogue ni alcool, je ne serai jamais agressée. Car ces substances déresponsabilisent les agresseurs, mais pas les victimes. L’argument-j’étais-saoule-et-droguée-comment-pouvais-je-donner-un-consentement-éclairée-votre-honneur ne semble pas justifiable alors que l’argument-j’étais-saoul-et-drogué-comment-est-ce-que-je-pouvais-contrôler-mon-sexe-votre-honneur paraît moins contestable. Assez facile de suivre ces règles si simples et évidentes. Alors cette fille avait fait la pute, l’agace et elle a eu ce qu’elle méritait, l’imprudente écervelée.
Bon, j’admets ne pas avoir employé ni même pensé en de tels termes, mais j’étais convaincue que cette groupie avait joué avec le feu. C’était d’une évidence, non? Je dois dire que j’ai rarement vu mon père se mettre dans une telle colère. Il a froncé les sourcils, il a pris sa grosse voix, il s’est mis à gesticuler et, en appuyant chaque mot d’un coup sur la table (être une femme, on l’aurait qualifié d’hystérique, je crois), il a dit : «Une fille peut être toute nue dans un lit et CHANGER d’avis. Une femme a le droit d’avoir souhaité des relations sexuelles et, pour toutes sortes de raisons ou sans raison, ne plus en en avoir envie à N’IMPORTE QUEL MOMENT! Est-ce que tu crois qu’une femme aurait le droit de sacrer des coups de pelle sur la tête d’un homme parce qu’il ne bande pas ou parce qu’il ne veut pas avoir de relations sexuelles?»
J’ai compris papa.
Tags: Aggression, Agresseur, Eric Tillman, Justice, Médicament, Victime, Violence
ce “jugement” est une insulte pour toutes les femmes. c’est aussi une insulte pour les hommes. Car cela veut dire qu’il est difficile pour un homme de contrôler ses pulsions lorsqu’il est dans son état normal, et que sous l’influence de drogue, médicament ou alcool, il ne les contrôle pas du tout…C’est pas un beau constat pour les hommes, je trouve. Le juge dit ainsi que monsieur est dé-responsabilisé et que pour la jeune femme, ben c’est ben de valeur, mais elle était juste au mauvais endroit au mauvais moment…Pas fort le juge, pas fort. Et après faudrait pas s’étonner que les gens veulent se faire justice soi-même.