Encore une fois, je me sens interpellée par le billet d’un autre blogueur. Je vais devoir me rendre à l’évidence, je suis un parasite de la blogosphère. Cette fois, il s’agit du Voyou du bayou qui a pris la résolution de devenir empathique. C’est une belle résolution, tout un défi!
En psycho, on tente de nous faire comprendre la différence entre enpathie et sympathie, deux concepts que les gens confondent beaucoup.
On fait preuve de sympathie quand on partage les émotions de l’autre, par exemple quand on éprouve le même sentiment envers une personne amoureuse de soi. Quand l’autre raconte sa peine, on ressent sa peine, comme lorsqu’on pleure en même temps qu’un personnage de film. Quand l’autre parle de ses problèmes, on se les approprie. Et là, on est submergé, envahit! Totalement insupportable! On a assez de ses propres problèmes, on n’a pas envie de vivre ceux des autres! Non? Pas vous?
Comme le Voyou l’explique, être empathique consiste à comprendre l’autre, mais cette compréhension doit se faire sans parti pris et sans juger. Être empathique, c’est reconnaître que l’autre a ses raisons d’agir et de penser d’une certaine façon parce qu’il a son propre système de références (croyances, valeurs, sens, apprentissages, connaissances, etc.). Être empathique permet ainsi de comprendre les actes, les propos, les choix, les décisions, les joies et les souffrances de l’autre sans juger l’individu lui-même.
Toutefois, comprendre ne signifie pas approuver, admettre, adhérer ni être complice des valeurs, des croyances ou des comportements de l’autre. Autrement dit, on peut désapprouver une valeur, se dissocier d’une croyance ou condamner un comportement, sans juger la personne. Par exemple, ce n’est pas la personne qui est bonne ou mauvaise, mais sa décision, son choix, son comportement, etc.
L’Empathie, ce n’est pas de la condescendance. Être empathique, ce n’est pas juger si l’autre est un imbécile ou non, s’il a raison ou tort. Ce n’est pas observer les pensées et les comportements de l’autre avec notre propre système de références. Et pour connaître le système de références de l’autres, ça demande du temps. Il faut le laisser parler, le questionner, surtout il faut pouvoir se reconnaître en lui. L’empathie, ça s’apprend, ça se pratique… tout comme on peut développer ses connaissances en économie.
Ainsi, on peut croire qu’il est évident que, personnellement, on aurait jamais agit ou pensé de telles façons dans cette situation précise. Toutefois, il faut reconnaître que l’on a certainement vécu un moment où l’on a pris une décision, malgré un manque de connaissance et de compétence.
(…)
Et moi, j’ajoute, impertinente… par chance, il y a habituellement quelqu’un encore plus responsable ou des circonstances atténuantes pour expliquer les mauvais choix que l’on a faits et les conséquences négatives qui ont suivi.
Fin de la théorie.
Maintenant, j’ai envie de m’amuser un peu et d’imaginer le type dont il est question. Évidemment, il ne s’agit pas d’empathie puisque je ne connais pas ce gars, j’ignore complètement son système de références.
D’abord, il doit être à une étape de sa vie où il semble normal d’investir son argent, surtout si ses revenus sont dans la moyenne ou légèrement au-dessus de la moyenne. Ce gars a probablement un niveau d’éducation moyen et il fournit un effort suffisant pour demeurer à jour et socialement compétant pour s’adapter à son environnement, mais sans plus. (Ça pourrait être beaucoup de gens, non?… Conformistes!)
Dans la vie quotidienne, ça sert à quoi de savoir si McDo est une compagnie canadienne ou américaine? De toute façon, il pense que l’ON se fait fourrer anyway, mais il ne sait pas par qui ni comment exactement. (systèmes corrompus, théorie du complot, le pouvoir n’appartient qu’aux méchants riches). Une chose est certaine, il ne s’inclut pas vraiment dans ce système de crosseurs, même s’il vole des brocheuses ou du temps, parfois pas souvent, à son employeur. De toute façon, tout le monde le fait, non? (Personnellement, je trouve cette logique d’une tristesse. La personne légitimise ses vols parce qu’elle sent flouée. On tombe dans un cercle vicieux où le vol devient systémique.)
Comme tout le monde, il sait que l’argent ne fait pas le bonheur, en autant qu’il se perçoive plus riche que les autres, alors il a l’impression d’être mieux.
Mais bon, le gars ne s’intéresse pas à la bourse, mais à l’argent. Ça ne l’intéresse pas de savoir d’où il provient ni de faire plus d’efforts pour l’obtenir. Il y a un peu de pensée magique dans cette conception, mais elle est «répandue». D’ailleurs, s’il perdait son argent, ce ne serait pas de sa faute. Ce ne serait pas parce qu’il n’y connait rien et qu’il ne s’est pas informé, mais parce que les autres sont des escrocs, parce que l’économie c’est n’importe quoi gérée par une bande de clowns ou bien parce que c’est la crise, la récession, etc.
D’ailleurs, attribuer ses déboires à des facteurs externes, tout comme se comparer aux autres et conclure que l’on est évidemment meilleur permet de préserver son estime de soi. C’est humain et tout à fait normal. En général, les gens sont contents de constater qu’ils sont comme les autres, normaux, mais un peu mieux tout de même.
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