Bon, je n’arrive pas à insérer la vidéo dans mon article alors je vous mets le lien concernant la campagne de sensibilisation des médecins résidents du Québec qui souhaitent une augmentation de salaire.
Pour ma part, je ne crois pas que le besoin de reconnaissance des médecins puisse être comblé par une augmentation de leur salaire. Non, seulement je ne perçois pas le lien, mais en plus j’ai l’impression qu’il s’agit d’une insulte à mon intelligence.
Personnellement, j’occupe deux emplois à temps partiel. Le premier comme commis de boulangerie avec des conditions de travail stressantes et dévalorisantes à 13,89$/h, dans lequel je ne me sens pas reconnue ni par mon employeur ni par les clients. J’admets que je ne sauve aucune vie, mais parfois, les gens nous traite comme si nous avions atteint à leur vie justement… quoique c’était surtout vrai lorsque j’étais caissière. Par contre, je me sens très utile dans mon deuxième emploi comme intervenante clinique auprès de personnes ayant commis des agressions sexuelles ou ayant peur d’en commettre à 15$/h. Encore une fois, j’admets que je suis présentement en formation, car toujours étudiante. Tout de même, les ressources financières sont évidemment limitées dans ce genre d’organisme communautaire et, par conséquent, les salaires peu élevés.
Maintenant, les médecins ont le droit de désirer être payé comme leurs compères des provinces de leur choix. Je crois que je les envie d’avoir les ressources nécessaires pour faire des études comparatives entre les salaires. J’aimerais bien avoir cette possibilité pour vérifier si l’on me traite de façon équitable ou pour obtenir un argument de négociation. En fait, j’ignore si ces études existent pour les postes que j’occupe. Je suppose que oui. La réalité est que cela n’a pas vraiment d’importance a mes yeux.
Lorsque je terminerai ma formation, j’aurai autant d’années d’étude qu’un médecin spécialisé. Travailler avec des personnes ayant commis des agressions sexuelles n’est pas valorisé du tout, est parfois même dénigré autant par le public, les policitiens que par les autres intervenants des différentes ressources d’aide. Pourtant, je crois sincèrement que mon travail permet aussi de sauver des vies. Ma reconnaissance, je l’obtiens, chaque jour, à travers les liens que je crée avec les clients, l’observation de leurs petites victoires et le cheminement qu’ils font durant les mois de thérapie. Je l’obtiens également dans mes relations de travail. Nous faisons beaucoup avec peu de moyens. Nous travaillons fort pour maintenir des conditions et des relations de travail saines.
D’ailleurs, les recherches ont démontré qu’à partir du moment où l’on a le minimum vital, l’argent n’a plus d’influence sur le bonheur. Les gens préfèrent gagner moins si, en se comparant, ils gagnent plus que les autres. Le problème est qu’aujourd’hui, on apprend que l’on est heureux quand on obtient ce que l’on désire (wanting) alors que l’on est heureux quand on apprécie ce que l’on a (liking).
Finalement, je n’apprécie pas l’utilisation de l’argument «Je sauve des vies». Personne ne vous a forcé à devenir médecin. Vous en avez fait le choix et les conditions de travail devaient probablement être semblables au début de vos études. Je le répète, moi aussi, je considère que je sauve des vies. Je n’ai pas terminé mes études et j’espère trouver un travail qui me permettra d’avoir un salaire suffisant pour offrir une bonne qualité de vie à ma famille.
Après avoir regardé cette vidéo, j’ai presque eu envie d’organiser un téléthon pour les médecins résidents du Québec qui me sont apparus, tristes, incompris, et dévalorisés. Sauf que la vie est injuste et, à mon avis, les médecins font partis des plus privilégiés parmis ceux qui subissent des injustices. Bientôt, je serai travailleuse sociale et je me porte volontaire pour aider les médecins qui le souhaitent à trouver d’autres moyens pour combler leur besoin de reconnaissance qu’en se plaignant pour rechercher la sympathie des autres qui vivent exactement le même sentiment. D’ailleurs, le problème me semble surtout être leurs conditions de travail que je trouve absolument inacceptables soit dit en passant.


